.jpg)

Sommaire de l'ouvrage
.png)
À quelle échelle géographique se vit désormais majoritairement le quotidien, selon vous ?
J.M : Un grand nombre d’activités se sont recentrées autour du logement. Mais ce que l’on observe surtout, c’est que le quartier devient la nouvelle référence. Au-delà du simple cadre domestique, c’est bien l’échelle du quartier qui prédomine désormais — plus que celle de la ville. Chaque quartier tend ainsi à fonctionner comme un village, avec son propre écosystème.
P.L: Les acteurs de l’immobilier et les collectivités s’intéressent de plus en plus à cet écosystème de quartier, notamment à l’échelle de l’aménagement. Selon les spécificités locales, cela peut se traduire, par exemple, par l’intégration de commerces en pied d’immeuble. Ce travail se construit en étroite collaboration avec les mairies, qui définissent leurs attentes afin de créer une véritable unité de quartier, voire de ville. Chez Nexity, nous disposons même d’un service dédié à ces enjeux : il accompagne le choix et l’implantation des commerces, en cohérence avec la politique locale. Notre rôle consiste alors à identifier et attirer des commerces alignés avec les besoins des habitants et la vision du territoire, puis à faciliter leur installation. Une approche qui reste encore disruptive.
P.L: De plus, nous avons repensé notre site web en intégrant des données clés comme le temps de trajet vers le travail ou l’accès aux commerces, devenues de véritables leviers décisionnels. Ainsi, sur les 4 500 logements NEXITY, 99 % sont situés à moins d’un kilomètre d’un supermarché. Les emplacements sont donc sélectionnés avec une grande exigence, en privilégiant systématiquement la qualité de vie de quartier. La proximité des transports — gare, station de tramway ou de métro — est également un critère central. Enfin, 91 % de notre offre se situe en zones tendues, où la demande est la plus forte.
Que représente aujourd’hui le logement ?
J.M : Le logement est devenu un cocon, mais un cocon que l’on souhaite sécuriser. On observe ainsi une nette augmentation des demandes pour des dispositifs tels que les entrées à double sas, la sécurisation des parkings souterrains ou encore l’intégration de la vidéosurveillance. Autrefois secondaires, ces éléments sont désormais essentiels et doivent être intégrés dès la conception des logements. Cette évolution reflète d’ailleurs très clairement les attentes des Français en matière de sécurité, telles qu’exprimées dans les sondages.
P.L : Concrètement, cette sécurisation se traduit par une succession de dispositifs. L’accès à la résidence se fait d’abord via une porte extérieure sécurisée. Puis, un second niveau de contrôle permet d’entrer dans les espaces communs, souvent avec badge ou code, avec un sas intermédiaire — intégrant par exemple les boîtes aux lettres — qui précède une dernière porte donnant accès aux parties communes et aux logements.
Quelles évolutions avez-vous constatées ces dernières années concernant l’agencement du logement ?
J.M : On observe d’abord un rapport renforcé à l’intérieur du logement, mais aussi aux espaces extérieurs. Avant le Covid, les acquéreurs achetaient principalement un appartement ; aujourd’hui, la présence d’un espace extérieur est devenue la norme. Qu’il soit collectif (jardin partagé, espaces verts) ou privatif (balcon, terrasse), cet extérieur est désormais un critère essentiel — sauf dans des contextes très contraints comme à Paris.
P.L : Par ailleurs, le profil de nos acheteurs est principalement celui de primo-accédants, autour de 37 ans, qui vont opter pour un 2 ou 3 pièces. Leur mode de vie a évolué : le logement doit désormais accueillir plusieurs usages au sein d’un même espace. Le séjour, par exemple, devient un lieu multifonction, servant à la fois de salon, de bureau ou d’espace de loisirs au fil de la journée. Pour répondre à ces nouveaux besoins, Nexity a fait évoluer son offre. À côté des surfaces classiques (par exemple, 42 m² pour un T2), nous proposons des logements légèrement plus grands, avec 4 à 6 m² supplémentaires. Ces mètres carrés en plus permettent de créer des “alcôves” : de petits espaces dédiés à un usage spécifique (bureau, coin lecture, espace hobby…). Bien sûr, cela représente un coût supplémentaire — de l’ordre de 20 000 à 30 000 € selon les prix au mètre carré — soit une augmentation de mensualité non négligeable pour les acquéreurs. Dans un contexte où la maîtrise du budget est clé, cela peut freiner. Néanmoins, les premiers retours sont positifs : dans la grande majorité des cas, ces espaces supplémentaires sont utilisés comme bureau. Ils permettent aux habitants de mieux aménager leur logement et de l’adapter aux nouveaux modes de vie, notamment le télétravail.
J.M : Enfin, il existe également deux entités de coworking, Morning et Hiptown, qui renforcent cette cohésion entre l’habitat et le lieu de travail.
Avez-vous quelques exemples d’évolutions ou d’innovations notables mises en place dans vos résidences ces dernières années ?
P.L : Plusieurs innovations illustrent notre volonté forte de répondre aux nouveaux usages et modes de vie. Il y a le développement d’espaces partagés, comme les jardins collectifs — parfois même installés sur les toits — qui favorisent à la fois le bien-être et le lien social entre habitants. Cette dimension sociale devient d’ailleurs centrale dans la conception des projets, notamment à travers des résidences intergénérationnelles ou dédiées aux seniors, mais aussi via des aménagements simples comme des terrains de pétanque qu’il peut y avoir dans certaines de nos résidences.
J.M : La question des mobilités évolue également. On observe le développement de solutions d’autopartage (voitures qui peuvent constituer une alternative aux obligations de construire un nombre minimum de places de parking.
P.L : Par ailleurs, les services connectés se multiplient, notamment autour de la gestion des colis. Dans certaines résidences des casiers ou boxes connectés - nommées BOKS - permettent de déposer, récupérer ou envoyer facilement des colis, que ce soit pour les habitants, les livreurs ou des acteurs comme Amazon.
J.M : Enfin, de nouveaux modèles hybrides émergent, mêlant logement et commerce. Des projets se développent en partenariat avec des acteurs comme Carrefour, consistant à intégrer des logements directement au sein ou à proximité immédiate de centres commerciaux. L’idée est de permettre aux habitants de descendre de chez eux et d’accéder directement à une offre de services et de commerces, répondant ainsi à une recherche de praticité et de proximité.
Comment cette approche servicielle se traduit plus précisément pour les résidences étudiantes et les jeunes actifs STUDEA du Groupe ?
P.L : STUDEA compte aujourd’hui plus de 120 résidences gérées. Ces logements sont entièrement meublés et s’accompagnent de nombreux services : blanchisserie, ménage des parties communes, présence d’un régisseur quasi 24h/24, ou encore possibilité de prendre un petit-déjeuner sur place et des animations régulières, Les résidents ont aussi accès à des équipements dédiés, comme des salles de sport, des espaces d’étude et des cuisines communes.
J.M : Au-delà des équipements, l’accent est mis sur l’accompagnement et le lien social, en particulier pour les jeunes actifs et les étudiants souvent éloignés de leur famille. Des dispositifs d’écoute et d’entraide sont proposés, notamment sur les enjeux de santé mentale, devenus essentiels. Des associations interviennent également au sein des résidences pour accompagner les résidents. Enfin, certaines initiatives répondent à des enjeux de précarité, avec par exemple des partenariats permettant la distribution de denrées alimentaires aux étudiants les plus fragiles financièrement.
Comment avez-vous fait évoluer le parcours d’achat dans une logique de transformation digitale ?
P.L : Nous sommes allés très loin dans la digitalisation du parcours client. Aujourd’hui, un acquéreur peut, s’il le souhaite, réaliser l’intégralité de son achat sans jamais se déplacer . Concrètement, le parcours peut débuter depuis chez soi : le client voit une annonce en ligne (par exemple sur les réseaux sociaux ou un site spécialisé), il clique sur un formulaire et renseigne ses coordonnées. Il est ensuite recontacté par un centre d’appel qui qualifie son projet et organise un rendez-vous avec un conseiller commercial. Ce rendez-vous peut se faire en présentiel, en visio ou même à domicile, selon les préférences du client. Toute la suite du parcours est également digitalisée : présentation du bien, échanges, et jusqu’à la réservation, qui peut être réalisée via un contrat entièrement dématérialisé.
Il y a aussi les aspects concernant la personnalisation du logement, puisque nous proposons un grand nombre d’options : choix du carrelage … Tout peut se faire à la modélisation 3D, de façon immersive, où le client peut se projeter dans son futur logement, et configurer son intérieur à distance. Finalement, seuls certains moments restent encore physiques, comme la signature chez le notaire. Mais l’ensemble du parcours a été repensé pour offrir un maximum de fluidité, de flexibilité et d’autonomie au client.
Comment maintenez-vous le lien ensuite avec les clients, jusqu’à la livraison et puis la fin de la garantie décennale ?
P.L : Dans le cadre de la vente sur plan, le délai entre la signature et la livraison peut aller jusqu’à deux ans et demi. Durant cette période, de nombreux points de contact sont organisés avec les clients : rendez-vous réguliers, suivi de l’avancement du projet, accompagnement dans les choix de personnalisation… L’objectif est de maintenir une relation continue et rassurante tout au long de la construction.Une fois le logement livré, la relation se poursuit dans le cadre de la garantie décennale, qui s’étend sur dix ans. Même si la gestion quotidienne de l’immeuble est ensuite assurée par d’autres acteurs, nous restons présents pour accompagner les clients sur les sujets liés à cette garantie. Par ailleurs, nous entretenons le lien dans la durée, à travers des prises de contact régulières, par exemple via des appels annuels. Ces échanges permettent d’apporter un accompagnement pratique — notamment sur des démarches comme la déclaration fiscale — et de rester à l’écoute des besoins des propriétaires. Dans certains cas, lorsque nous conservons l’exploitation de la résidence, cette relation peut même s’inscrire sur un temps encore plus long, allant jusqu’à 20 ou 25 ans.
2026 - SOFA ECONOMICS



