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Un Mondial de l’Auto 2022 annonciateur de transformations majeures

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Un Mondial de l’Auto 2022 annonciateur de transformations majeures

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Après 4 années de coupure pour cause de Covid, l’édition 2022 du Mondial de l’Automobile de Paris aura été une bonne cuvée, aussi bien en matière d’annonces faites que d’innovations présentées. Malgré l’absence notable de grands constructeurs, tels que Citroën, Volkswagen, Ferrari, Mercedes ou Ford. Véhicules à hydrogène, semi-conducteurs chinois sous pression, réindustrialisation européenne...Tour d'horizon de l'actualité chaude du secteur.

Nouveau call-to-action

Le slogan “Revolution is on” de l’édition 2022 du Salon de l’Auto qui s’est tenue à Paris du 17 au 23 octobre, fait écho à la transition énergétique. Cette dernière, servie par des stratégies et des politiques en faveur des mobilités plus vertes, voit clairement l’électrique valorisée au détriment des véhicules thermiques diesels et essence. Ces derniers seront d’ailleurs interdits à la vente en modèles neufs à compter de 2035 dans toute l’Union Européenne, tout comme les véhicules hybrides essence-électriques. Les mots d’ordre cette année sont donc hydrogène et électricité, avec des implications majeures et sans précédent sur toute l’industrie automobile et les écosystèmes qui lui sont liés.

Hopium : une commande en faveur de l’hydrogène

Renault, Alpine, Fisker Ocean, pour ne citer qu’elles, ont pu présenter leurs derniers modèles. Mais c'est bien Hopium qui s'est fait particulièrement remarquer. Avec des berlines de luxe fabriquées en Normandie et une technologie permettant à ses véhicules de fonctionner à l’hydrogène, le groupe parie sur sa place de choix dans un marché pourtant très concurrentiel et en constante évolution.

Son contrat signé avec le Crédit Agricole, actant la livraison de 10 000 véhicules, en est une parfaite illustration.

Hopium et @CA_ConsuFinance signent un accord pour la livraison de 10000 véhicules à hydrogène, en marge du @mondialdelauto. pic.twitter.com/aq1190kFR9

— Hopium (@hopiumofficial) October 22, 2022

Pénuries et sanctions commerciales : l’industrie des semi-conducteurs chinoise sous pression

Autre fait notable de ce Mondial de l’Automobile : une forte présence de la Chine. Le nouveau géant de l’industrie automobile fait actuellement face à plusieurs enjeux concernant son importation et sa production de semi-conducteurs, majoritairement en lien avec les États-Unis. En effet, la nouvelle politique américaine met l’industrie chinoise de semi-conducteurs sous pression en lui imposant diverses sanctions considérées par la Chine comme “un abus de mesures commerciales”.

Ce bras de fer commercial, qui ne date bien sûr pas d’aujourd’hui entre ces deux puissances mondiales majeures, met un coup de projecteur sur les risques de dépendance et de pénurie engendrés par une activité majoritairement basée sur l’importation.

La Chine se positionne d’ores et déjà comme un acteur très innovant de la voiture autonome. Plusieurs de ses constructeurs ont déjà élaboré leurs systèmes de conduite autonomes les plus avancés. C’est le cas par exemple de la startup chinoise Xpeng spécialisée dans les véhicules électriques de luxe. Celle-ci a dévoilé le 24 octobre dernier son dernier système de conduite autonome. Constitué d’un logiciel embarqué, le système est prêt à être déployé dans certaines villes chinoises au cours de l’année.

À cette crise des semi-conducteurs s’ajoute celle des matières premières, qui ne laisse aucun répit au secteur de l’industrie automobile entraînant entre autres des pénuries, des crises des composants électroniques ou des retards de livraisons sans précédent. Elle provoque des problèmes au niveau de la durabilité de l’approvisionnement, qui entravent le bon fonctionnement de ce marché.

Le boom de l’industrie du Lithium

🧵THREAD - Le lithium explose comme jamais - #Tesla en panique

La demande de véhicules électriques s'envole et l'interdiction des voitures à essence arrive à grand pas.

Le #lithium alimente ce boom et affole les compteurs. 👇 pic.twitter.com/bNUWVSS6av

— MoneyRadar (@MoneyRadar_FR) August 25, 2022

Le lithium, matière première essentielle à la production des batteries utilisées dans les véhicules électriques, n’est pas un élément rare sur Terre. D’ici 2025 cependant, la demande mondiale devrait passer de 0,5 million à 1,5 million de tonnes. Or, la production minière actuelle, concentrée en Australie et en Amérique latine, n’arrive déjà pas à suivre cet envol spectaculaire et pourra encore moins l’absorber à l’avenir.

Ces derniers mois, le lithium a aussi connu une hausse fulgurante de son coût d’extraction. Si l’on y ajoute une demande en croissance forte et continue, les analystes prévoient une réaction mécanique de flambée des prix qui inquiète bien sûr les constructeurs et toute la chaîne de valeur de la mobilité électrique. En moins d’un an, la hausse du prix de la tonne de carbonate de lithium dépasse ainsi les +500%. Et cela n’est pas fini.

Il n’en fallait pas plus pour observer une réaction des acteurs les plus innovants. À l’image du groupe Tesla, leader sur le marché de la construction de voitures électriques et précurseur dans son domaine, qui avait anticipé cette crise avec la construction de sa propre usine de batteries : la Gigafactory. Cependant la stratégie d’Elon Musk étant de tendre vers une maîtrise de la chaîne de bout en bout, le patron de Tesla réfléchit à investir dans l’extraction du minerai. 

“Actuellement, l’extraction et le raffinage de lithium sont devenus un facteur limitant” 

- Elon Musk, PDG de Tesla

Une relocalisation et une réindustrialisation nécessaire ? L’exemple de la France et l’Europe

Ces différentes crises ont souligné pour beaucoup la nécessité de relocaliser la production et de réindustrialiser à l’échelle nationale. Cette volonté s’illustre parfaitement avec l’essor de la production de Lithium.  Avec une demande croissante, l’import et la délocalisation de sa production se révèlent être de moins en moins rentables pour les entreprises, entraînant en parallèle des coûts et des risques conséquents.  C’est pourquoi le groupe Imerys, numéro un mondial des minéraux industriels, lance un projet pour exploiter le lithium présent sur son site de Beauvoir, dans l’Allier.

« Aujourd’hui, l’Europe importe 100 % de son lithium. Notre projet est d’une grande valeur économique, mais va aussi participer à la souveraineté industrielle de la France et de l’Europe »

- Alessandro Dazza, PDG d’Imerys

L’essence de ce projet est de redonner à la France une part de sa souveraineté industrielle, en lui permettant de disposer d’une autonomie totale dans sa production de batteries destinées aux véhicules électriques.

Ce marché, destiné à grimper au vu des nouvelles réglementations applicables dans les années à venir, nécessite une production de taille. D’où l’importance de faciliter au maximum sa production en tenant compte d’un climat d’incertitude régnant dans les secteurs industriels à l’international. Cela s’avère d’autant plus nécessaire dans un contexte où l’Union européenne vient d’entériner l’arrêt de la production de véhicules neufs à moteurs thermiques en 2035.


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