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Business rentable et durable : comment faire du numérique la solution ?

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Face à l’urgence climatique, les entreprises sont sommées d'accélérer la transformation durable de leur business. Elles peinent encore à trouver comment concilier rentabilité et responsabilité sociale et environnementale (RSE). Face à ce challenge, les technologies numériques sont souvent présentées comme étant à la fois la solution et une part du problème. Alors que faire pour que le digital soit le levier d’une transformation profitable et responsable ? IBM, Numeum, Energiency et Veltys se sont penchés sur la question lors d’un récent webinar. Voir le replay vidéo !

Bertrand Picard, président de la fondation Solar Impulse, fait une entrée en matière digne de l’enjeu. Sa fondation parcourt le monde pour découvrir et labéliser des technologies qui permettraient à l’humanité d’adopter un modèle "de croissance qualitative, où l’objectif est de diminuer les excès, le gaspillage, sans jamais réduire notre qualité de vie." Prenant le contre-pied de la théorie de la décroissance qu’il considère "philosophiquement souhaitable, mais psychologiquement impossible", il préfère donc adopter une nouvelle voie visant à concilier rentabilité et durabilité. Un équilibre difficile de prime abord, mais facilement atteignable grâce à la technologie.

Il existe des centaines et des centaines de preuves que la protection de notre environnement est plus rentable que de ne pas le faire.

- Bertrand Picard, président (Solar Impulse)

Il s’adresse donc aux pionniers de l’innovation et particulièrement de l’innovation numérique : "C’est votre mission de prouver que vous pouvez développer les outils nécessaires à la transformation du monde vers plus d’efficience. Vous devez motiver les gouvernements et les industries à se moderniser. Vous devez communiquer et montrer l’exemple pour leur ouvrir la voie. Votre rôle est de démontrer que cette transformation du monde est beaucoup plus simple qu’on ne le croit."

Retrouvez toute l’intervention de Bertrand Picard via le replay du webinar.

IBM : 50 ans d’engagement RSE

D'après la Commission de l'Aménagement du Territoire et du Développement Durable :

  • En 2040, si rien n'est fait, le numérique pourrait représenter près de 7% des émissions de GES françaises (contre 2% en 2020).
  • + 60% d’émissions de tCO2eq émises à l’horizon 2040, notamment en raison du développement de l'Internet des objets (IoT), pour un coût estimé jusqu’à 12 milliards d'euros (en France).
  • 70% de l'empreinte carbone totale du numérique en France est due à la fabrication des terminaux (40% au niveau mondial).

Un pionnier de l’innovation numérique qui a embrassé cette mission, c’est IBM. Par rapport à d’autres acteurs du digital, IBM est l’un de ceux qui se sont emparés le plus tôt des problématiques environnementales pour les intégrer à sa stratégie globale. C’est ce que démontre Sheila O’Hara, Sustainability Practice Leader chez IBM. "Notre premier rapport sur l’environnement a été publié en 1971. […] IBM s’est engagé à atteindre un net zero carbon d’ici 2030. Pour ce faire, 75% de l’énergie consommée par notre activité globale sera issue de sources renouvelables d’ici 2025. Les émissions résiduelles seront compensées par l’utilisation de nouvelles technologies de capture de carbone d’ici 2030." Ces objectifs font partie d’une initiative plus vaste appelée Future of Climate, pour laquelle IBM investit une grande part de ses recherches. Via son Global Industry Solutions Center, le groupe ambitionne ainsi de développer les solutions numériques qui permettent de soutenir la transformation durable des entreprises, comme l’appelle de ses vœux Bertrand Picard.

Trois axes principaux sont explorés pour l’instant :

  • Un cloud hybride responsable.
  • Des supply chains responsables.
  • La découverte de nouvelles technologies de capture de carbone et surtout d’exploitation rentable de ce carbone. "Il existe aujourd’hui des entreprises qui parviennent à transformer ce carbone en matière utilisable dans la fabrication de certains produits. […] On a là la preuve qu’il est possible de proposer un business innovant tout en ayant à cœur d’être durable."

En outre, IBM déploie des efforts importants pour affiner la compréhension que se font les entreprises de leur impact environnemental et social. En effet, la manière de mesurer et de pondérer cet impact fait encore l’objet de nombreux débats. Est-il raisonnable de capitaliser sur une stratégie de compensation de ses émissions carbone (à titre d’exemple, les opérations de reforestation sont légion) si l’on ne sait pas exactement quelles sont les émissions carbone générées par l’entreprise et quel volume de ces émissions est réellement compensé ? "Sans cette connaissance, les entreprises ne peuvent pas investir dans des opérations qui portent réellement leurs fruits. C’est donc à la fois un enjeu de responsabilité, mais aussi de performance économique !" Enfin, du fait de son expertise, IBM entend se maintenir à la pointe de la recherche en matière d’intelligence artificielle appliquée à la transition écologique et économique. 

L’IA apporte des possibilités d’optimisation de nos simulations et de nos processus opérationnels inégalées jusque là. Grâce à cette technologie, il sera possible de proposer des performances business supérieures tout en réduisant la consommation énergétique qui résulte de cette activité.

- Sheila O’Hara, Sustainability Practice Leader (IBM)

L’IA d’Energiency aide les industriels à optimiser leur consommation énergétique

Charge à Bernard Pucci, Global Senior Solution Architect d’IBM et Arnaud Legrand, CEO d’Energiency, de démontrer le réel potentiel de l’intelligence artificielle. Ils expliquent comment l’IA peut-être mise en pratique pour optimiser la consommation énergétique des chaînes de production industrielle en illustrant ce propos de cas d’étude concrets . C’est d’ailleurs là la solution portée par Energiency. "Par une compréhension très fine de leurs processus industriels et de leur impact environnemental, nous aidons les entreprises à découvrir de nouveaux gisements d’économie d’énergie et ainsi de limiter leurs émissions de CO2." IBM collabore avec Energiency pour proposer aux entreprises un concept d’architecture évolutif Netzero permettant aux entreprises de monitorer en temps réel le bilan carbone de leurs activités industrielles. "Concrètement, l’entreprise connaît constamment le poids réel de chacun de ses produits." Ces données peuvent ensuite être exploitées pour optimiser factuellement les lignes de production.

L’intelligence artificielle amène avec elle de nombreuses promesses de performance pour les entreprises. Toutefois, Bertrand Picard nous l’a dit : si les solutions numériques sont des leviers indéniables pour développer une économie performante et durable, elles peuvent aussi faire partie du problème lorsqu’elles sont mal pensées.

Retrouvez dès à présent le replay vidéo de l'événement !

Green IT : Comment penser ses solutions numériques pour qu’elles soient vraiment responsables ?

Comment s’y prendre alors ? C’est cette question - mêlant stratégie et design – qui est au programme de la table ronde centrale de ce webinar. En préambule, Nicolas Forgues - Partner Veltys et ex CTO de Carrefour ainsi que d’AirFrance-KLM, relate la manière dont ses deux précédents groupes se sont emparés de ces questions de responsabilité environnementale. Un témoignage que l’on vous invite à consulter sur la vidéo replay de l'événement. Il est accompagné de Véronique Torner - Administratrice Numeum, présidente du programme Numérique Responsable, en charge de l'initiative Planet Tech'Care et de Morgane Bahurel, Executive Architect & Client Technical Advisor chez IBM.

Premier thème de leurs échanges, les notions de code et d’infrastructure responsables. Puisque tout logiciel repose initialement sur un code, c’est au moment de penser ce dernier que l’impact environnemental, mais aussi social et sociétal comme le rappelle Véronique Torner, se décide. C’est à l’écriture de ce dernier que l’on optimise la consommation des ressources d’infrastructure de la solution (mémoire, CPU, bande passante…), mais aussi la manière dont elle exploitera les données de l’entreprise.

Par glissement, les trois experts sont amenés à se prononcer quant à la nécessité de repenser les usages et infrastructures dédiées à la data d’entreprise. Les data centers sont souvent perçus comme les principales charges environnementales du secteur numérique. Si cette idée est à relativiser, notamment lorsque l’on rapporte l’augmentation considérable de leurs capacités de stockage à la faible évolution de leurs consommations énergétiques, Véronique Torner aura tôt fait de rappeler que l’impact environnemental ne se résume pas à la simple énergie consommée, mais aussi aux ressources finies telles que l’eau ou les terres rares. Alors, comment aborder la question de la data de la bonne manière ? Morgane Bahurel propose un début de réponse en présentant les initiatives menées par IBM pour optimiser ses propres activités ainsi que celles de ses partenaires à l’aide d’un framework dédié au numérique responsable (Responsible Computing). Celui-ci comprend plusieurs piliers d’étude et d’optimisation dont deux concernent la data (usage et infrastructure).

 "Nous proposons un modèle d’évaluation qui a été créé par nos laboratoires de recherche. Celui-ci prend en compte 15 dimensions spécifiques (telles que la gestion de la responsabilité des données, les aspects légaux, les méthodes de partage de la donnée, son cycle de vie, les processus afférents...) Toutes ces dimensions sont notées selon 5 niveaux." À l’aide de cette connaissance, IBM et ses partenaires peuvent construire des feuilles de route économiquement viables et surtout améliorer leur maîtrise transverse de l’impact social et environnemental de la gestion de données.

Enfin, dernier point abordé lors de cette table ronde et non des moindres : à savoir comment organiser et gouverner ce travail de transformation vers un numérique responsable. Est-ce que seuls les métiers de la DSI sont concernés ? Tous trois se rejoignent en admettant que la problématique de l’efficience (telle qu’évoquée par Bertrand Picard) se résout par un équilibre délicat entre innovation (numérique ici) et sobriété (dans les usages). Or, pour comprendre ces usages métiers au sein de l’entreprise, il est bien sûr essentiel d’intégrer à cette gouvernance d’autres interlocuteurs que la DSI. Chacun propose plusieurs approches de cette gouvernance, notamment Nicolas Forgues, qui élaborera très précisément la manière dont était gérée cette problématique dans ses précédentes entreprises Carrefour et Air France KLM.

Associer Green IT et Green for IT : une roadmap plus simple qu’il n’y paraît

C’est Caroline Tchang, Business Transformation Managing Consultant, Sustainable tech co-leader chez IBM, qui conclut ce webinar. "Toute transformation est un changement d'équilibre. Pour faire pivoter un système existant, il faut y intégrer progressivement du changement très factuel. Le sujet est tellement vaste que bien souvent, nos clients ne savent pas par où démarrer. Nous proposons donc trois étapes pour enclencher cette transition vers un numérique responsable."

  1. Phase "d'état des lieuxpour démarrer les échanges, sensibiliser les collaborateurs, avoir une idée de l'existant à travers la mise en place d'un premier set d'indicateurs.
  2. Phase de "stratégie et de roadmap" pour définir, à partir de l'état des lieux,  les objectifs, la stratégie et les projets de transformation à mettre en place.
  3. Phase "d'industrialisation du suivi" avec la mise en place d'une plateforme de monitoring des indicateurs extrafinanciers adaptés au contexte particulier de l’entreprise.

Pour chacune de ces étapes, Caroline Tchang présente les résultats obtenus auprès d’entreprises ayant suivi cette démarche accompagnée. Elle démontre ainsi à Bertrand Picard qu’IBM entend déjà convaincre ses partenaires "que cette transformation du monde est beaucoup plus simple qu’on ne le croit."

Retrouvez dès à présent le replay vidéo de l'événement !

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