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CES 2019

Quelles tendances du CES retenir pour 2019?

Par : Emmanuel Vivier
16 janvier 2019
Temps de lecture : 4 min
Chapo

De retour du CES 2019 de Las Vegas, Emmanuel Vivier, co-fondateur du HUB Institute, nous livre en cinq tendances-clés ce qu'il faut retenir de cette dernière édition placée sous le signe de la résilience.

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Début janvier 2019, le HUB Institute a accompagné 15 délégations de dirigeants au Consumer Electronics Show de Las Vegas.  Ce salon mondial est un vrai marqueur des tendances à venir en matière d’innovation de par sa taille (182.000 visiteurs, 4.500 exposants, 1.200 startups) et par sa dimension internationale (159 nationalités, étant un des seuls salons à réunir les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie) ou médiatique (plus de 6645 journalistes). Après avoir arpenté plus de 15 kilomètres chaque jour dans les allées, voici 5 tendances-clés qui influenceront le futur des entreprises en 2019 :

1.    Open up : favoriser l’interopérabilité entre produits et marques

En 2019, la majorité des grandes marques a abandonné l’idée d’imposer son standard propriétaire. Dans la domotique, Somfy ou Legrand proposent désormais de laisser leurs produits interagir avec de nombreuses autres marques grâce aux protocoles Z-Wave ou Zigbee partagés par des centaines de fabricants. Ils proposent aussi à leurs clients de pouvoir piloter leurs produits à la voix grâce à Amazon Alexa, Google Assistant et dans une moindre mesure Siri d’Apple et IFTTT ou Olisto. Certains ont même un programme d’open API pour s’ouvrir encore plus. Il n’est plus imaginable d’enfermer un consommateur. Un bel exemple de la loi de Metcalfe qui nous rappelle que “l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs”.

2.    Grands groupes et startups : de la défiance à la synergie

Le CES est certes un salon mondial mais c’est aussi devenu une vraie place de marché entre startups et dirigeants de grands groupes (dont les délégations ne se limitent plus juste au responsable innovation). D’ailleurs, comme sur le stand Ile de France porté par Air France, Total et Dassault Systèmes, ces derniers mettent d’abord à l’honneur les startups qu’ils incubent ou accélèrent comme SoftThings, XXII, Aifi, DcBrain, Fielbox.AI. Engie, La Poste, ou le Crédit Agricole étaient aussi présents avec de nombreuses startups. Les startups deviennent une R&D rapide et agile pour les grands groupes qui apportent eux une solidité financière et des capacité d’industrialisation ou de distribution internationale.

3.     La voiture autonome et électrique : une réalité désormais inéluctable qui va rebattre de nombreuses cartes

Plus de 50 entreprises ont désormais un projet de voiture autonome souvent électrique. On a pu tester au CES des voitures de niveau 4 (qui savent donc déjà conduire à votre place, mais vous pouvez encore reprendre le volant). Cela va redistribuer des pans entiers de l’économie : transports, livraison, taxi, stations essence, énergie, contenus à bord…

4.    We is better than me : le pouvoir de l’écosystème


Avec plus de 400 startups sur les 1200 startups représentées, la Frenchtech est présente en force et de manière de plus en plus organisée. Cet effort pour s’unir sous un même label avec des stands au format standardisé maximise l’impact des acteurs Français au CES. Face à ce tsunami, les organisateurs ont installé les stands français dés l’entrée permettant aux startups de bénéficier d’un accès privilégié aux visiteurs, aux medias, aux VC et dirigeants de grands groupes. Si cela semble évident, le monde digital est un univers où l’on peut de moins en moins réussir seul. L’heure est à la synergie, aux collaborations, à la co-conception et les acteurs français semblent enfin l’avoir bien compris.

5.    Interfaces et expérience client : la force de la simplicité

Depuis sa création en 1967, le CES a été le salon de l’électroménager puis de  la Hifi et de la vidéo avant de devenir celui des objets connectées, de la mobilité ou de la smart home. Qui ne se souvient pas dans les années 90, les télécommandes de magnétoscopes ou de téléviseurs avec des centaines de boutons et des milliers de fonctions pourtant quasiment jamais utilisées ? Bien de l’eau a coulé sous les ponts, et de nombreuses innovations mettent la priorité sur l’expérience utilisateur avec des interfaces de plus en plus simples et intuitives. A une époque ou aucun utilisateur de smartphone n’a lu un manuel, il est temps de devenir « user friendly ».

Ainsi, les automobiles ne deviennent pas juste intelligentes voire même autonomes. Grâce à des capteurs et de l’IA, elles savent chez Valeo comprendre automatiquement votre état de fatigue, Les vêtements que vous portez pourront anticiper vos besoins et régler la lumière intérieure, la température, ou même vous alerter si vous vous assoupissez ou si vous n’avez pas vu un danger comme chez Eyesight. Dans la « smart home » tout se contrôle désormais à la voix grâce aux assistants intelligents (Amazon Alexa, Google Assistant, Samsung Bixby, Alibaba Tmall Genie, Clova de Naver) et leurs enceintes connectées. Et il ne faut pas oublier les objets proposant d’interagir via le tactile ou la détection de mouvement avec parfois un retour haptique comme Ultrahaptics. 

Article initialement paru dans Stratégies.

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Emmanuel
Vivier
Co-founder

Cofondateur du HUB Institute et de la conférence HUBFORUM, Emmanuel est reconnu comme l’un des experts internationaux de la transformation numérique et du marketing digital. Il conseille depuis 20 ans de nombreuses grandes marques telles que TF1, L’Oréal, Orange, Chanel, P&G, Vinci Energies, Nestlé, Renault, Bouygues, PWC, AirFrance…dans leur stratégie de transformation digitale et de communication 360.